Situation des finances publiques en RDC au cours du mois d’avril 2022.

Les statistiques du CTR (Ministère des Finances) montrent qu’à la quatrième semaine du mois d’avril 2022, le Trésor public a enregistré un excédent de 1 266 195 millions de CDF. Cet excédent résulte d’un niveau de dépenses de 1 433 621 millions de CDF contre de recettes de 2 699 816 millions de CDF. Le solde cumulé au mois d’avril renseigne un excédent de 511 606 millions de CDF. Il est à noter que les dépenses en capital de ce mois d’avril ont chuté comparativement à celles du mois dernier. Elles sont passées de 619 921 millions de CDF à 123 322 millions de CDF. Il ressort que le gouvernement n’a pas consenti suffisamment d’efforts pour accorder une plus grande part aux investissements en capital. Les autorités congolaises doivent garder toujours à l’esprit l’augmentation de dépenses en capital si elles veulent une croissance forte et soutenue.

À la fin du mois d’avril 2022, les dépenses de rémunérations ont représenté 37,8% de l’ensemble des dépenses engagées. Étant donné que l’opération de la paie de fonctionnaires commence vers la fin du mois, il se peut que ces données subissent des changements.

Agrégats du secteur public (en millions de CDF)

Source : Ministère des Finances (CTR)

La Direction Générale de la Direction Générale des Impôts (DGI) a communiqué qu’elle a réalisé une performance historique de 3 023 319 980 688,92 de CDF, soit près de 1,5 milliards de USD de recettes à la fin de ce mois d’avril 2022. Il y a une augmentation de 44,8% par rapport à l’exercice de 2021, tandis que les recettes annuelles prévues dans le budget de 2022 sont estimées à 6 881 487 873 447 de CDF, soit près de 3,3 milliards de USD.

S’agissant de la prouesse de ce mois d’avril 2022, il y a lieu de noter que cette performance est étroitement liée à l’échéance fiscale du mois d’avril, notamment l’impôt sur les bénéfices et profits (30%) ; tous les contribuables s’acquittent du paiement de la différence entre l’impôt calculé et les acomptes prévisionnels déjà versés au cours de l’exercice précédente.

Adhésion de la RDC dans la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est : Quels dividendes pour la RDC ?

Après avoir formulé en 2019 sa demande d’admission à la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est (EAC)[1], la République Démocratique du Congo a adhéré officiellement ce mardi 29 mars 2022 à cette communauté, lors d’un sommet tenu en ligne par des dirigeants de Etats membres.  Elle est le 7ème pays membre de cette communauté et le plus grand en termes de démographie dont les potentialités économiques et les opportunités d’investissement sont énormes.

La question demeure non élucidée sur les avantages que tire la RDC dans sa multi-appartenance dans les communautés économiques régionales (CER). D’aucuns estiment que les intégrations régionales dont la RDC fait partie n’ont pas encore produit des résultats escomptés sur tout le plan. Pis encore, elle n’est pas toujours en bonne relation avec certains membres de dans certaines zones.  Par contre certaines personnes affirment que cette appartenance de la RDC dans diverses communautés économiques régionales est essentiellement basée sur (i) la recherche de la paix en termes de sécurité pour certaines zones frontalières ; (ii) le libre-échange de personnes et de leurs biens.

Cette affirmation se justifie du fait que la RDC se retrouve au cœur de l’Afrique avec 9 pays voisins et elle est à la croisée des chemins de plusieurs influences et possibilités de rayonnement vers différentes régions du continent[2]. La RDC est constituée en trois ensembles économiques dépendants des mouvances d’échanges extérieurs[3].

Selon la conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (UNCTAD) dans son rapport 2019 sur le développement économique en Afrique, les exportations intra-africaines ont représenté 16,6% en 2017 et les échanges intra-africains ont représenté 15,2% du total des exportations de l’Afrique pendant la période 2015-2017. Tandis que les échanges intrarégionaux des communautés économiques régionales ont été de 3,1 milliards dans entre les Etats de l’EAC, soit 48,3% de part du commerce intra-communautaire dans le commerce africain total. Il apparait que les échanges intrarégionaux entre les états de CER n’ont pas été significatifs par rapport aux échanges vers le reste du monde. Partant de ce qui est dit ci-haut, l’adhésion de la République Démocratique du Congo dans l’EAC serait motivée peut-être par des raisons politiques dont le but est de ramener la paix dans la région de l’Est, qui est sous l’emprise de groupes armées depuis déjà deux décennies et du fait que le CEPGL et tous ses mécanismes mise en place n’ont pas apporté des résultats escomptés en termes de sécurité et de paix. En se tournant vers cette communauté, la RDC s’attend à une résolution de ses conflits armées à travers une forte implication et un engagement commun de tous les membres. Ceci pourrait s’expliquer par le fait que la RDC supporte depuis des années l’hypocrisie de certains états membres faisant partie tant du CEPGL que de l’EAC qui joue le rôle clé dans ces conflits en dotant en armes les miliciens et une partie de leur terre sert de base arrière pour ces belligérants.

S’agissant des raisons économiques, l’EAC constitue une région très compétitive en termes de dynamisme existant sur ce marché. La RDC à travers la route de Kasindi via Kampala trouve une sortie vers l’océan Indien par le port de Mombasa, qui est très avantageux pour les commerçants congolais exerçant leurs activités dans l’ancienne province orientale et dans le Nord-Kivu. La RDC qui est un vivier, se présente comme un débouché pour les états membres dont certains ont des économies fortes et trouvent à cette adhésion une opportunité d’investissements. A travers cette adhésion de la RDC, les échanges dans la région pourront s’intensifier grâce à la réduction des coûts ainsi que la réduction des tarifs douaniers pour les marchandises. 

Cependant, la tendance des échanges dans cette zone économique n’a pas été en faveur de la RDC. En effet, en 2019, les exportations de la RDC vers les états membres de l’EAC ont été évalué à 5% de la valeur des exportations tandis que les membres de cette organisation ont exporté vers la RDC près de 940 millions de dollars américains de marchandises. D’où la nécessité pour la RDC de réorganiser son mode de production et de mettre en place des mécanismes permettant d’accroître sa production ainsi que sa compétitivité afin d’inverser cette tendance et de tirer meilleure partie des échanges économiques dans ladite zone. Aussi, la RDC pourrait profiter des infrastructures routières et énergétiques transfrontalières et bénéficier du projet de chemin de fer reliant le port tanzanien de Dar es salam à l’Est en passant par le Rwanda. 

Du point de vue linguistique, l’adhésion de la RDC à l’EAC va apporter la diversification linguistique et culturelle étant donné que le français sera ajouté comme troisième langue à part les deux autres langues dont l’Anglais et le Swahili.

II.1.1 Activité économique

Depuis le début de l’année 2022 et au cours du mois de mars, la République Démocratique du Congo, classée parmi les pays à faible revenu selon la dernière note de la Banque mondiale catégorisant les pays en fonction de leur revenu, demeure extrêmement vulnérable face aux chocs externes et internes.

Au mois de mars 2022, l’activité économique a connu une série de chocs qui démontrent une fois de plus cette vulnérabilité, avec des conséquences néfastes sur l’économie nationale, notamment la détérioration de certains indicateurs économiques.

Durant le mois considéré, les prix ont connu une évolution à la hausse et les réserves de change ont sensiblement baissé. Toutefois, le taux de change est resté stable.

Aussi, les prix des denrées alimentaires ont connu une hausse significative, et c’est pour plusieurs catégories des produits qui occupent une place de choix dans le panier de la ménagère en RDC. Il s’agit notamment des prix de : riz, farine de maïs, l’huile de palme et végétale, légumes, cosmétique, etc. Cependant, alors que la valeur du dollar américain est demeurée relativement stable sur le marché de change, la hausse des prix sur le marché semble trouver d’autres explications hormis celle liée à la dollarisation de l’économie congolaise. Sachant que l’économie congolaise est extravertie, l’inflation mondiale induite par la Covid-19 et l’effet mécanique de la hausse des prix du pétrole suite à l’invasion de l’armée russe en Ukraine se sont répercutés sur les prix des produits importés en RDC, notamment le riz, la semoule, etc.

En ce qui concerne les réserves de changes, le comité de conjoncture économique a fait état d’une baisse significative des réserves de changes de 3,5 à 2,4 milliards de dollars, bien que le taux de change sur le marché soit resté stable. Selon ce comité, une partie des réserves aurait servi à financer le budget, notamment le Programme de développement des 145 territoires. Cette chute des réserves de change pourrait détériorer davantage la situation socio-économique du pays dans un contexte où le pays fait face à plusieurs défis dont l’insuffisance alimentaire, l’absence de stabilité des institutions, les divergences politiques accrues, les conflits armés à l’Est du pays, etc.

En effet, les réserves de change jouent le principal rôle de stabilisation de la monnaie en temps de dépréciation. Pour le cas d’espèce, il faut noter que malgré la stabilité du taux de change sur le parallèle comme sur l’interbancaire, les prix des biens et services ne font que grimper en dollars et en monnaie locale. Ainsi, le niveau actuel des réserves de change ne pourrait permettre de résoudre les problèmes sus-évoqués, surtout dans ce contexte où le pays dépend fortement des importations pour couvrir la demande nationale et où les entrées en devises ne sont pas substantielles suite au faible niveau d’exportations. A ce titre, des efforts importants doivent être consentis et des réformes pertinentes devraient être mises en place pour inverser cette tendance et parvenir à la stabilisation du cadre macroéconomique.

D’un autre côté, le Fond Monétaire International (FMI) a mené une mission en RDC du 1er au 7 mars 2022, mission clôturée par une grande réunion de troïka politique présidée par le ministre des finances, qui a porté sur l’évaluation globale de la situation économique de la RDC dans le cadre du programme triennal avec le FMI. Lors de ladite mission, le FMI a aussi évalué l’utilisation d’une partie de la dotation d’environ 1,5 milliard de dollars approuvée en août 2021. Pour rappel, ce montant a été alloué à titre d’allocation des « droits de tirages spéciaux » (DTS), un mécanisme du FMI pour aider ses pays membres à faire face aux conséquences funestes de la crise économique due à la pandémie de Covid-19. A l’issue de ladite mission, le FMI a abouti aux conclusions ci-après : (i) le rebond économique en 2021, avec une croissance estimée à 5,7 %, a été soutenu par la reprise des secteurs minier et des services ; (ii) les risques à la baisse pesant sur les perspectives ont considérablement augmenté sous l’effet des évolutions externes et cela nécessite le maintien de politiques macroéconomiques prudentes ; et (iii) l’intensification de la mise en œuvre du programme de réformes des autorités soutiendra la reprise et renforcera la résilience de l’économie.

De l’autre côté, le gouvernement congolais a décidé d’attribuer la moitié de cette somme à des projets à caractère social et l’autre moitié au renforcement des réserves internationales de la Banque Centrale. Selon lui, cette initiative permettra de financer le programme dit de développement des 145 territoires pour faciliter l’accès des populations des zones rurales aux services de base comme l’éducation et la santé. Il dispose donc d’une enveloppe de plus de 700 millions de dollars sur un compte de la Banque centrale du Congo logé à la Banque des règlements internationaux, une institution financière de transit. Sur cette enveloppe, une première tranche de 300 millions de dollars pourrait être incessamment débloquée et mise à disposition des agences en charge de la mise en œuvre desdits projets.

Cependant, comme signifié précédemment, des incertitudes demeurent quant au montage desdits projets ainsi qu’à l’atteinte des objectifs poursuivis. Les allocations financières par territoire, les affectations des ressources aux postes indiqués et les mécanismes de suivi et contrôle mis en place restent des problématiques à résoudre pour s’assurer de la bonne exécution desdits projets et l’atteinte des objectifs escomptés.

Dans un autre registre, en date du 24 septembre 2020, le gouvernement de la République Démocratique du Congo à travers son ministère des PTNTIC (Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) avait décidé de mettre en place le Registre des Appareils Mobiles RAM, géré par l’ARPTC (Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo) avec pour objectifs de vérifier des appareils mobiles conforme aux normes de la GSMA et l’UIT (Union Internationale de la Télécommunication) sur base du numéro IMEI ; bloquer l’accès à tout appareil contrefait ; Bloquer tout appareil mobile volé ou perdu etc.

Ces services susmentionnés, avaient comme contreparties le prélèvement obligatoire des unités d’appels sur toutes les cartes Sim dans le territoire national congolais mais sans avoir un soubassement légal, alors que la rémunération d’un service non sollicité par tout individu devient d’office une imposition. Les fonds collectés à travers cette taxe au bout d’une année ont été estimés à 266 millions de dollars américains par l’ODEP et étaient affecté à d’autres objectifs plutôt que ceux à quoi étaient destinés le service RAM au départ. Par exemple l’accompagnement de la gratuité de l’enseignement ou la rémunération des prestations de l’ARPTC n’étaient pas des objectifs de départ.

Le 01 avril 2022, à travers un communiqué, la FEC avait tiré la sonnette d’alarmes concernant une nouvelle taxe ayant les mêmes caractéristiques que celles du RAM. En effet, le Gouvernement congolais a réinstauré une autre forme de taxe de nouvelles rémunérations des prestations du Régulateur sur les services des Télécommunications frappant les services des télécommunications et de l’internet et portée par le Décret n°22/11 du 9 mars 2022 portant sur les modalités de calcul et les taux des revenus des prestations de l’ARPTC.

L’introduction de cette nouvelle taxe aura une incidence négative sur les prix des services offerts (des appels, SMS et internet) par les opérateurs et cela en vertu de la règle tarifaire de vérité des prix consacrée par la législation. Cette répercussion sur les prix touchera de plein fouet le pouvoir d’achat des consommateurs dans un pays où la situation socio-économique s’est largement dégradée et où la population peine à couvrir ses besoins élémentaires.

Ainsi, il serait plus pertinent pour le gouvernement d’apporter des réformes appropriées en matière de mobilisation des recettes et de mettre en place des mécanismes adéquats de contrôle afin de se doter des moyens pour financer l’action du gouvernement en lieu et place d’asphyxier davantage la population par l’introduction de ce type de taxe appauvrissante avec des incidences majeures sur le pouvoir d’achat de la population.


 

 

 

Accroissement de l’encours de la dette de la RDC : décryptage des faits

L’Observatoire de la dépense publique (ODEP) avait, en octobre 2021, fustigé les faiblesses dans la gouvernance des finances publiques dans plusieurs institutions de la RDC en précisant que les dépassements budgétaires, surtout au sein de la présidence, ne devraient pas être un mode récurent de gestion des deniers publics. En effet, l’ODEP avait précisé que, en fin septembre 2021, plusieurs institutions avaient épuisé leur budget annuel. Pour cette structure, ces dépassements traduisaient simplement la mégestion et l’implémentation des mauvaises pratiques de gouvernance des finances publiques.

Dans le même ordre d’idées, l’ODEP avait précisé qu’une telle gouvernance budgétaire ne pourrait permettre la création des richesses ou l’amélioration des conditions socio-économiques de la population. Cette situation constituerait donc un frein à l’effectivité de la décentralisation telle que prévue par la constitution ainsi qu’à l’émergence du pays.

La vraie question est celle de savoir comment sont financés ces dépassements, étant donné que le pays accuse un niveau de pression fiscal sensiblement inférieur à son potentiel fiscal. C’est ici que survient la problématique de la dette publique. Ainsi, il y a lieu de s’interroger sur l’orientation de cette dette. Est-ce pour soutenir la balance des paiements déséquilibrée par une gestion budgétaire laxiste ?

En effet, l’encours de la dette a connu une croissance de 62% entre janvier 2018 et janvier 2022, soit une augmentation moyenne de 15,18% par an (près de 800 millions d’USD par année)3. Cependant, tel qu’indiqué par Congo Finances, ces emprunts n’ont pas été essentiellement contractés pour soutenir la balance des paiements et n’ont pas été canalisé vers des investissements productifs.

L’analyse développée dans l’article de Congo Finances renseigne que le déséquilibre de la balance des paiements est dû notamment à une gestion budgétaire laxiste ainsi qu’à la mise en place d’une politique économique inadéquate caractérisée par des programmes plutôt consommateurs que générateurs de recettes. De plus, l’avènement du nouveau régime qui a succédé celui de Kabila devrait apporter des réformes adéquates permettant d’éradiquer l’impunité, notamment la gabegie financière et la mauvaise gouvernance des finances publiques afin de permettre une croissance inclusive.

En effet, l’article a rappelé que le règne de l’ancien régime représente la plus longue période de croissance de l’histoire du pays avec des taux de croissance de près de 6,5% (entre 2010 – 2019), dépassant la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Cependant, cette croissance n’était pas inclusive et était portée principalement par les secteurs extractifs. Malheureusement, elle n’a pas été suffisamment créatrice des revenus et ses retombées n’ont pas suffisamment amélioré les indicateurs socio-économiques du pays et impulsé une dynamique de transformation structurelle de l’économie. A cet effet, l’arrivée du nouveau régime devrait permettre (i) la mise en oeuvre des réformes des finances publiques avec notamment l’opérationnalisation de la Cour des comptes ; (ii) la suppression

des exonérations et le recensement fiscal ; (iii) l’inclusion de l’économie informelle dans le formel pour accroitre considérablement le niveau des recettes fiscales. Cependant, tel qu’indiqué par Congo Finances, le nouveau régime a mis en place, plusieurs programmes sans apporter des réformes permettant de générer les recettes suffisantes. Il s’agit entre autres du programme d’urgence de 100 jours, des opérations militaires d’envergure à l’Est du pays, de la gratuité de l’enseignement primaire, etc. Ce sont tous ces éléments qui ont nécessité le recours à la dette publique extérieure tel que présenté dans la figure ci-dessous :

La figure ci-dessus montre que l’endettement actuel aura comme répercussions la consommation d’une partie des revenus futurs. D’où la nécessité de canaliser les fonds empruntés vers des investissements productifs qui permettront de générer les recettes afin de faire face aux futurs remboursements. Malheureusement, la mauvaise gouvernance des finances publiques décriée dans la plupart des institutions publiques, couplée aux effets pervers de la Covid-19 a abouti à des déséquilibres du cadre macroéconomique avec la dépréciation du franc congolais et une balance des paiements déficitaire. C’est dans ce contexte que l’économie congolaise a été soutenue par le FMI dans le cadre du programme de facilité élargie de crédit et plus tard triennal.

Ainsi, pour stopper cette hémorragie de manière soutenue, il y a lieu (i) d’opérer les réformes appropriées pour améliorer la gouvernance des finances publiques ; (ii) réduire les trains de vie des institutions publiques ; (iii) accroitre la part des dépenses en capital ; (iv) combattre la corruption et les antivaleurs par la mise en place ou l’opérationnalisation des dispositifs de contrôle au sein de chaque institution ; et (v) réformer la justice pour lui permettre de jouer son rôle en toute impartialité, indépendance et objectivité. Ce n’est qu’à ce prix qu’il est possible d’inverser la tendance et d’engager l’économie congolaise dans un cercle vertueux de croissance inclusive.

Guerre en Ukraine : Entre attaques russes et sanctions occidentales

Le conflit Russie-Ukraine a vu le jour à la suite de la révolution de Maïdan du 22 février 2014. Cette révolution fut marquée par de fortes violences et mouvements de protestation contre la décision du gouvernement ukrainien de signer un accord d’association avec la Russie, au détriment de l’Union Européenne (UE). C’est à cause de ces manifestations que les dirigeants russophones en Ukraine furent renversés, dans le souci de privilégier une alliance avec les pays occidentaux (notamment l’UE et les États-Unis).

En réaction à cette bataille perdue, la Russie annexa la Crimée en date du 18 mars 2014, une péninsule ukrainienne sur la mer Noire. Depuis lors, l’Ukraine est divisée en deux blocs : (i) les régions de l’Ouest (Kiev particulièrement) contrôlées par le parti pro-européen ; et (ii) les régions de l’Est (Donbass particulièrement) contrôlées par le parti pro-russe. Il a fallu attendre près de huit ans, soit le 10 janvier 2022, pour que des négociations soient entamées entre l’Orient (Russie) et l’Occident (UE et États-Unis) en vue de préserver la paix en Ukraine. Malheureusement, ces négociations n’ont pas abouti, et le Président Vladimir Poutine a lancé le 23 février 2022 un déploiement offensif en Ukraine dans un discours au cours duquel il a reconnu l’indépendance des Républiques du Donbass (Donetsk et Lougansk).

  1. Causes des attaques russes

À la suite du discours à forte teneur offensive du Kremlin, des combats meurtriers ont éclaté entre l’armée russe et l’armée ukrainienne en date du 24 février 2022 de la frontière Est jusqu’aux portes de Kiev, la capitale du pays. Suite à ces affrontements, la centrale nucléaire de Tchernobyl a été prise, après le déclenchement par l’armée russe d’une attaque aérienne, maritime et terrestre massive contre l’Ukraine. Ces attaques destructrices et dévastatrices ont causé plus d’une dizaine de morts, et ce nombre pourrait augmenter si les luttes se poursuivent.

Ce que la Russie reproche aux occidentaux, ce sont les tentatives d’extension de l’Organisation du Traité d’Atlantique Nord (OTAN) vers l’Est. L’intérêt géostratégique de contrôle de l’Ukraine par la Russie réside dans l’importance économique des deux Républiques du Donbass. En effet, elles abritent de nombreuses mines de charbon, et c’est à travers ses territoires que transitent les pipelines russes qui approvisionnent l’Europe en pétrole et en gaz. Il n’est donc pas aberrant de penser que la résistance européenne est susceptible de menacer l’approvisionnement énergétique du continent. Toutefois, cette question énergétique porte une double dépendance, car le PIB russe repose à 30% sur le pétrole et l’Europe importe 40% du gaz à partir de la Russie.

  1. Nature de l’intervention occidentale

Étant donné cette possibilité réelle d’éclatement d’une guerre au coeur du continent européen, l’armée ukrainienne, est-elle suffisamment dotée pour faire face aux forces russes ? Les statistiques militaires semblent indiquer le contraire, au regard de ce que révèle le Tableau 1.

Le Tableau 1 renseigne que (i) l’effectif des troupes russes vaut plus que le double de celui de l’Ukraine, (ii) le dispositif aérien ukrainien correspond au dixième de celui de la Russie, et (iii) le dispositif terrestre de la Russie équivaut à plus du triple de celui de l’Ukraine. Ces évidences de la supériorité militaire de l’armée russe attestent la nécessité pour l’Ukraine de bénéficier de l’appui des puissances étrangères, notamment l’armée américaine, sans lequel il serait utopique de tenir tête à la Russie.

Cependant, le Président américain Joe Biden a clairement indiqué que les États-Unis n’envisageaient pas d’envoyer des troupes de combat en Ukraine. En revanche, ils ont proposé à l’Ukraine des conseillers, des armes et des hôpitaux de campagne. En sus, l’alliance occidentale met en garde Poutine sous menace d’une série de sanctions économiques draconiennes en défaveur de la Russie. Parmi ces sanctions imposées à l’économie russe, il y a lieu de citer :

  • La déconnection du réseau des institutions financières occidentales de toutes les transactions du gouvernement russe. Par cette mesure, les États-Unis visent les élites russes de haut rang.
  • L’adoption par l’UE de vastes sanctions à l’encontre de tous les députés ayant soutenu au Parlement européen la décision « illégale » de la Russie de reconnaître l’indépendance des régions de l’Est au Donbass en Ukraine.
  • La fermeture de l’espace aérien des 27 pays membres de l’UE aux compagnies aériennes russes et à tout trafic d’appareils enregistrés ou contrôlés par la Russie.
  • La suspension de l’approbation du projet russe de gazoduc Nord Stream II par l’Allemagne. Ce projet représente un investissement majeur pour la Russie, mais aussi les entreprises européennes.
  • Le ciblage de cinq grandes banques russes et trois milliardaires par le Royaume-Uni.
  • La suspension de la délivrance des visas par la République Tchèque aux citoyens russes ainsi que la fermeture du consulat tchèque à Saint-Pétersbourg.

Somme toute, l’alliance occidentale appelle l’ensemble de la communauté internationale à isoler le système bancaire russe du système de paiement international SWIFT. L’objectif de cette sanction d’ordre économico-financière est de dissuader la Russie à poursuivre ces luttes armées sanglantes, et donc à désamorcer cette potentielle crise tant que cela est encore possible.

Conclusion

Comme susmentionné, l’Europe et les États-Unis ont décidé de nouvelles sanctions économiques contre la Russie afin de la dissuader à poursuivre la guerre en Ukraine. Cependant, l’histoire montre que cette arme économico-diplomatique est rarement efficace. Déjà à la suite de l’annexion de la Crimée, la Russie avait écopé d’un arsenal de sanctions de la part de l’Occident. D’après le FMI, la Russie n’avait subséquemment perdu que 0,2% de son PIB. De plus, selon l’institut suisse « Targeted Sanctions Consortium », seuls 22% des pays ayant subi des sanctions économiques ces dernières années ont infléchi leur politique. Il n’est donc pas aberrant de conjecturer l’efficacité limitée des mesures levées par l’alliance occidentale en vue d’asphyxier l’économie russe.

Pour mettre fin à cette guerre imminente, la voie diplomatique demeure une issue envisageable. Mais cette coopération entre diplomates n’est possible qu’au prix d’énormes sacrifices aussi bien du côté de la Russie que du côté de l’alliance occidentale en termes de transparence. La coopération pourrait consister à l’établissement d’un modus vivendi entre les grandes puissances de la planète afin de préserver un climat de paix dans le monde, grâce notamment au contrôle des armements, à la limitation des missiles et particulièrement au non-recours à l’arme nucléaire.

Projections du taux de croissance en RDC

À l’issue de la dernière réunion du Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque Centrale du Congo (BCC) tenue le 30 décembre 2021, il s’est dégagé que l’institut d’émission projette de baisser son taux directeur de 8,5% actuellement à 7,5% au courant de l’année 2022. Selon certaines analyses des experts du Comité de Politique Monétaire, cette projection est motivée par les bonnes perspectives de l’économie au cours de la nouvelle année 2022, avec une croissance projetée à 6,4%, une inflation annuelle autour de 5,0% et la poursuite de la relative stabilité de la monnaie nationale.

Somme toute, la réalisation de ces résultats nécessitera la mise en œuvre rigoureuse des politiques économiques saines initiées en 2021, particulièrement le respect du Pacte de Stabilité entre la BCC et le Ministère des Finances, le maintien d’un cadre solide de coordination des politiques monétaires et budgétaire, et l’exécution minutieuse des réformes macroéconomiques et structurelles destinées à mettre l’économie sur la voie d’une croissance forte, durable, inclusive et diversifiée.

Au sujet des cours des principaux produits miniers dont la RDC est un important exportateur, il a été constaté durant le quatrième trimestre 2021 que ces derniers ont été à la hausse. Le cuivre s’est échangé au prix de 9 710 USD la tonne à la fin du mois de décembre 2021, soit 5,25% plus élevé que celui enregistré à la fin du trimestre précèdent. Le cobalt s’est lui échangé à 30,15 USD la livre à la fin du quatrième trimestre 2021 contre 23,75 USD la livre à la fin du trimestre précédent, soit une hausse de près de 26,9%.

 Toujours dans l’optique des produits de base, le prix du baril de pétrole au niveau mondial ne cesse de grimper depuis le début de l’année 2022 et a atteint un niveau record depuis plus de 7 ans. Le prix du baril est passé de 20 USD en janvier 2020 à 55 USD en 2021, et se situe actuellement à 90 USD. Cette hausse du prix du baril de pétrole est due à plusieurs facteurs dont notamment les interruptions de la production et les tensions géopolitiques dans certains coins du monde.

Le prix du carburant à la pompe a connu une flambée spectaculaire dans plusieurs pays, conduisant les gouvernements de ces pays à prendre des mesures qui s’imposent en vue d’atténuer ce choc auprès des consommateurs. Suivant cette logique, le gouvernement de la RDC, par l’entremise du Ministre de l’économie, a revu à la hausse le prix du carburant à la pompe. Une augmentation a été enregistrée au niveau de la zone Ouest, Est et Sud sur les trois produits (essence, gasoil et pétrole). Les ajustements du prix ont été justifiés par (i) l’augmentation des prix moyens frontières commerciaux (PMFC) ; (ii) la baisse du volume de carburant à mettre en consommation ; et (iii) la dépréciation du taux de change.

La hausse du prix de carburants est une réponse positive à la pression des pétroliers qui exigeaient depuis longtemps l’effectivité de la hausse prix à la pompe. Toutefois, la question sur les manques à gagner de sociétés pétrolières reste cruciale au niveau du gouvernement qui emploie différents mécanismes afin de les couvrir. La hausse de prix du carburant à la pompe correspond à un des mécanismes auxquels le gouvernement a utilisé pour couvrir les manques à gagner de sociétés pétrolières. Dans cette logique, il se pourrait que les prix de carburants à la pompe puissent augmenter progressivement après une période donnée. Par ailleurs, la lecture de la structure de prix révèle que le stock stratégique n’a pas été ponctionné, mais plutôt les frais pour FONER ont sensiblement été réduits. La question qui va continuer de diviser les sociétés pétrolières et le gouvernement demeure la prise en charge dans la zone de l’Ouest des frais de Lerexcom Petroleum et les charges additionnelles SPSA Cobil par toutes les sociétés pétrolières malgré certaines n’entreposent pas leurs produits dans ces tanks.

Cérémonie de présentation ce jeudi 3 février 2022 de la revue Congo Challenge, volume 3 numéro 2

Cérémonie de présentation ce jeudi 3 février 2022 de la revue Congo Challenge, volume 3 numéro 2. La revue traite 4 articles notamment : Economie politique des malédictions du développement économique.

Le deuxième écrit par Karim Omongo Mulamba documente sur la croissance, les inégalités et pauvreté en Afrique subsaharienne.

Un autre sur la persistance des déficits publics et volatilités nominales », rédigé par les professeurs François Kabuya, Jean Baptiste Ntagoma et Hénock Katuala Muanza

La taille du gouvernement et la démocratie en Afrique : quelle est la pertinence des arrangements institutionnels et de la tradition démocratique? est le dernier article rédigé par Isaac K. Kanyama, Ridi Michel Biyevanga et Ishara Musimwa.

Dans son exposé, le Professeur Matata Ponyo Mapon et éditeur responsable de la revue a ouvert à un débat aux scientifiques sur l’offre et la demande du leadership de qualité, considéré comme le socle essentiel de tout développement.

Congo Challenge : Enjeux sur la production des batteries électriques en RDC

  1. Contexte

La technologie du stockage d’électricité par batteries semble promise à un grand avenir. Elle répond aux contraintes d’un réseau électrique accueillant une part croissante d’énergies renouvelables intermittentes, tout en ouvrant la voie à une réduction de l’empreinte carbone des activités de transport par leur électrification. Des progrès significatifs en termes de performance et de coût de fabrication ont été obtenus ces dernières années, notamment grâce à l’essor des équipements électroniques portables et le développement des solutions lithium-ion. La perspective d’un élargissement de la base de clients aux secteurs énergétique et automobile mondiale conduit à des investissements massifs dans les capacités de production.

Une course au gigantisme est lancée, mais elle se joue principalement en Asie et dans une moindre mesure, en Amérique du Nord. L’Afrique quant à elle trainerait les pieds pourtant regorgeant d’énormes potentiels pour la fabrication de cette technologie.

Si l’on part du postulat selon lequel la menace du réchauffement climatique est désormais prise au sérieux, alors tout porte à croire que l’électricité sera l’énergie de l’avenir. Deux considérations principales appuient cette hypothèse. Tout d’abord, le secteur électrique est très carboné en moyenne à l’échelle mondiale (42% des émissions de CO2 liées à l’énergie selon l’AIE). Compte tenu des technologies existantes et nouvelles, il n’est pas étonnant que les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre soient déployés prioritairement dans le secteur électrique. Aidées par les spectaculaires baisses de coûts observées ces dernières années, les énergies renouvelables ont ainsi représenté 55% des nouvelles capacités de production électriques mises en service dans le monde en 2016 (BNEF, UNEP, 2017). Si la tendance se confirme, il devient alors pertinent d’utiliser cette électricité décarbonée pour couvrir une plus grande variété de nos besoins énergétiques, en particulier dans le domaine du transport qui reste dominée par la combustion des produits pétroliers et représente 23%des émissions globales en 2015 (AIE, 2016a).

Aussi attrayante soit-elle, la perspective d’un avenir « tout électrique » incluant une part significative de renouvelables intermittentes va devoir reposer sur un dispositif clé, le stockage. Cette possibilité de convertir l’électricité en une autre forme d’électricité en temps voulu permettrait, d’une part, de réconcilier les énergies renouvelables intermittentes et les impératifs de continuité des fournitures et, d’autre part, de faire du véhicule électrique une alternative décarbonée crédible au véhicule thermique. Le défi est à la fois technique et économique, puisqu’il faut améliorer les potentialités des différentes solutions de stockage et faire baisser leurs coûts de productions pour rendre possible une adoption à grande échelle.

Le stockage apparait alors comme un enjeu industriel et stratégique de premier ordre pour tout Etat sérieusement engagé dans une dynamique de transition bas-carbone. S’assurer la maitrise de solutions vouées à devenir aussi centrales pour le système énergétique et la mobilité est d’abord une nécessitée en termes d’indépendance technologique, mais aussi une opportunité en termes de création d’emplois et de richesse.

La RDC possède un sous-sol riche ainsi que des ressources minières importantes et diverses (Cuivre, cobalt, coltan, or, diamants). Premier producteur mondial de cobalt, une matière première stratégique pour l’industrie automobile[1].

Les analystes et observateurs sont unanimes. La demande de lithium ne peut que continuer à croitre à court et moyen terme, ce qui soutiendra une hausse des prix. Comme le nickel ou le cobalt, le lithium entre en effet dans la production des batteries lithium-ion, indispensables aux véhicules électriques. Or, selon une analyse de BloombergNEF parue mi-janvier 2021, les ventes de ces voitures devraient augmenter de 60% cette année et continuer de progresser sur la décennie, grâce notamment à des politiques incitatives dans la plupart des pays et à la fin annoncée du moteur diesel.

Le Cuivre, le lithium, le nickel, les terres rares ou le cobalt sont des métaux essentiels pour le monde décarboné de demain. Par ailleurs, la RDC possède des énormes gisements de ces minerais.

Le lithium quant à lui pourrait prendre plus d’importance dans la composition des batteries de nouvelle génération. La recherche continue pourrait permettre d’identifier d’autres produits. On parle de lithium, mais aussi de nickel et même de cathode d’aluminium. Plusieurs métaux sont testés. Aujourd’hui c’est le lithium, mais demain, cela pourrait être d’autres combinaisons.


[1] Ministère de l’économie, des finances et de la relance de la république de France, direction générale du trésor, le 06 janvier 2020.

  1. Potentiel stratégique de la RDC

La république démocratique du Congo possède un des sous-sols les plus riches du monde. Le pays détient au moins 60 % des réserves mondiales connues du cobalt (deux tiers des réserves mondiales). Le pays abrite aussi des gîtes minéraux inexplorés de terres rares, vecteurs essentiels des nouvelles technologies. Les profits sont importants et les réserves géologiques pour quelques substances de la R.D Congo sont :

source : www.cami.cd

Le pays est 1er producteur mondial de cobalt (60% des réserves mondiales) avec 74000 T de production annuelle (+15% par rapport à 2016), minerai stratégique (associé au cuivre ou au nickel) qui sert à la fabrication de batteries automobiles et qui est exporté en quasi-totalité vers la Chine. La flambée des cours a provoqué une ruée des creuseurs vers le cobalt (200 000 selon Trafigura) qui fournirait entre 20 à 40% du cobalt produit en RDC.

L’inversion du cycle des matières premières et le rebond des cours mondiaux qui s’en est suivi en 2017 (cuivre : +60% à 7100 $/t, cobalt : +125,98 % 71000 $/t et de l’or +20% à 1300 $ l’once) a favorisé une croissance des volumes des productions (+9,3 % pour le cuivre, +18% pour le cobalt). Seule la production pétrolière reste orientée à la baisse (-4,8 %). Durant le premier trimestre 2018, le cours du cuivre, qui reste élevé, s’est légèrement tassé (-3% soit 6990 $/T). Sur cette même période, les cours du cobalt, matière première stratégique pour l’industrie des batteries automobiles électriques, continuait à fortement progresser (+39%, passant de 71 000 $/T à 97 000 $/T). La demande mondiale pour ce minerai, pour lequel la RDC est le principal producteur mondial (60% de l’offre mondiale), est très forte et résolument orientée à la hausse sur le long terme, compte tenu des besoins de l’industrie automobile dont la demande pourrait passer de 90 000T/ans à 122 000T/an à l’horizon 2025.

L’année 2019 a été marquée par la baisse des cours du cuivre et du cobalt[1]. La chute des cours du cobalt s’est confirmée de façon continue tout au long de l’année 2019, ceux-ci étant divisés par 3 entre le pic atteint en mars 2018 (95000 $/T) et les cours actuels (32 000 $/T) ; celle du cuivre a également connu une baisse par paliers de 6500 $/T en février à la barre symbolique des 6000 $/T au début de l’été. Fin décembre, les cours mondiaux du cuivre étaient à 6200$/T.


Source : London Metal Exchange (LME).
Source : London Metal Exchange (LME).

Le nickel est fréquemment associé au cobalt dans les dépôts miniers, il est particulièrement apprécié pour les alliages qu’il forme. Longtemps confondu avec l’argent ou le cuivre, le nickel est aujourd’hui utilisé pour la confection de monnaie et en alliage dans l’industrie.

Dans le même temps, un rapport réalisé par le cabinet d’étude de marché Market Research Future (MRF) et relayé le 10 mars par GlobeNewswire, vient confirmer l’optimisme à propos du lithium. À en croire les auteurs du document, le marché mondial des batteries lithium-ion (utilisées dans les véhicules électriques et certains appareils électroniques) connaitra un taux de croissance annuel composé de 15,90% jusqu’en 2026.

Les terres rares quant à elles sont un groupe de 17 éléments chimiquement apparentés sous forme minérale, notamment le scandium, l’yttrium et les quinze lanthanides (y compris le néodyme et le praséodyme). Ces métaux ont des propriétés magnétiques et optiques utiles et prisées par plusieurs secteurs. Ils sont ainsi utilisés dans des fabrications de haute technologie, dans les voitures électriques et hybrides (pour alléger les batteries et composants des moteurs), les panneaux photovoltaïques et les éoliennes. On les retrouve également dans les puces de smartphones, les écrans d’ordinateurs portables, les tableaux d’affichage des stades, la robotique, l’aéronautique, les lasers médicaux. L’industrie de la défense les utilise pour fabriquer des capteurs de radars ou sonars, mais également des systèmes d’armes et de ciblage.

Outre leur richesse agricole, les Kivu disposent de ressources minérales : étain (Sn), tantale (Ta), tungstène (ou wolfram, W), or (Au), plus un peu de platine (Pt) et de palladium (Pd) ainsi que des terres rares (Rare Earth Elements, REE).

  1. Avantages de la production locale

Les avantages de la production des batteries en RDC sont :

  • Réduction du coût de production et
  • Stabilité politique
  1. Réduction du coût de production

Afin de comprendre les atouts qu’offre la production locale, il est important de l’illustrer par la relation suivante :

Il ressort de la relation ci-haut que la batterie produite en RDC sera beaucoup moins chère car : le transport sera quasi nul et la main d’œuvre sera réduite pratiquement de 50%. De ce fait, le coût du produit fini sera ainsi beaucoup moins cher que celui que nous avons actuellement.

  1. Stabilité politique

Depuis près de 20 ans, l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) subit les conséquences du génocide rwandais. La région des Kivu est éloignée de la capitale, Kinshasa, qui n’y exerce quasiment aucun contrôle effectif. Ce vide laissé par un État congolais « failli » est à l’origine d’une tension persistante entre la RDC et le Rwanda, la région étant une zone grise abritant de nombreux groupes armés congolais et étrangers. Les Kivu sont ainsi devenus un champ de manœuvre pour des hommes en armes qui y cherchent des moyens de subsistance (alimentaire) et des sources de revenu leur permettant de soutenir les opérations, en même temps qu’une sorte d’exutoire géographique pour le surcroît de population massée autour des Grands Lacs. Par contre, une production locale c’est-à-dire transformation sur place, cela réduirait sensiblement voire même pourrai faire disparaitre la production illicite et augmentera la traçabilité des minerais.

Conclusion

La RDC pourrait tirer meilleure partie de ses richesses minérales exceptionnelles, en commençant par rendre le cadre réglementaire transparent, en le stabilisant et en rassurant pour attirer les investisseurs. Pour développer ces mines qui donneront un jour du lithium, du nickel et d’autres métaux, il faut d’abord les découvrir, c’est-à-dire investir dans la recherche et l’exploration, pour identifier des gisements et les développer en mines plus tard. Outre un cadre réglementaire et un régime fiscal attractif, il faut une capacité institutionnelle pour administrer le secteur et un encadrement effectif de l’administration des mines pour assurer aux investisseurs les conditions optimales d’investissement.

De plus, la RDC, en tant que pays-solution au réchauffement climatique, devrait capter ce marché pour faire bénéficier sa population par la transformation de ses minerais qui ne doivent plus être exportés à l’état brut, et ce, conformément au nouveau code minier dont le moratoire de 3 ans accordé aux opérateurs miniers a expiré.  

Congo Challenge : Découverte du variant « Omicron » de la Covid-19 : Vers un accord mondial sur les pandémies ?

C’est au cours de la dernière semaine du mois de novembre 2021 qu’a été détecté, en Afrique du Sud, un nouveau variant de la Covid-19 : le variant « Omicron ». La contagiosité et la résistance au vaccin de ce nouveau variant suscitent l’inquiétude au sein de la communauté internationale.

En dépit de cette situation à première vue urgente, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que plusieurs détails relatifs à ce variant sont à étudier avant toute confirmation de sa haute virulence, tout en reconnaissant que la probabilité qu’Omicron se répande au niveau mondial demeure assez élevée.

En Amérique latine, le Brésil a annoncé à la fin du mois de novembre deux premiers cas du variant Omicron chez des voyageurs en provenance de l’Afrique du Sud. Face à la panique généralisée que sème ce variant, l’OMS recommande aux États membres une réponse rationnelle et cohérente pour contrecarrer cette nouvelle vague d’infections.

Du côté de l’Europe, plus de 40 cas de contaminations ont été confirmés dans dix pays de l’Union Européen. En Asie, le Japon a confirmé son premier cas du variant Omicron chez un homme revenu de la Namibie.

Ce qui est préoccupant, voire redoutable avec l’apparition de ce nouveau variant, c’est que les vaccins actuels contre la Covid-19 seraient moins efficaces contre le variant Omicron. D’après le Patron de l’entreprise pharmaceutique américaine « Moderna », il faudra plusieurs mois pour mettre au point un nouveau vaccin plus efficace. Dans l’entre-temps, l’OMS rassure qu’elle travaille en collaboration avec plusieurs organismes partenaires à travers la planète pour combler les lacunes de connaissances relatives à la transmission du nouveau variant, la gravité de la maladie et l’efficacité des vaccins existants.

Le climat d’incertitude engendré par l’apparition du variant Omicron a obligé plusieurs gouvernements du monde à serrer de nouveau les vis en fermant leurs frontières aux voyageurs en provenance principalement de l’Afrique australe. D’après le Directeur Général de l’OMS, ces mesures brutales sont susceptibles d’aggraver les inégalités entre les pays, en défaveur notamment de l’Afrique noire. Il y a donc nécessité d’optimiser les mesures de santé publique et les mesures sociales, tout en ne pénalisant pas les pays d’Afrique australe (Afrique du Sud et Botswana notamment).

Les restrictions imposées par plusieurs pays du monde pour protéger leurs citoyens du variant Omicron potentiellement dangereux ont eu pour principal corolaire l’isolement des pays d’Afrique australe, alors que ces derniers n’ont fait qu’alerter en toute transparence la découverte dudit variant. Au regard de cette « injustice » qui pénalise ces pays, il s’avère indispensable de disposer d’un accord mondial sur les pandémies. Cet accord international juridiquement contraignant viserait, d’une part, à prévenir et combattre les futures pandémies, et d’autre part, à privilégier une action coordonnée, transparente et non-discriminatoire dans les politiques d’endiguement à mettre en œuvre.

Ce projet d’accord sur lequel les membres de l’OMS se sont mis informellement d’accord prévoit la création « d’un organe intergouvernemental » en vue de rédiger et négocier une convention, un accord ou un autre instrument international de l’OMS sur la prévention, la préparation et la riposte face aux pandémies. Selon le projet de décision, le groupe intergouvernemental de négociation d’un nouveau texte devra se réunir une première fois avant le mois de mars 2022. Un rapport intermédiaire est attendu au cours du mois de mai 2023. Le résultat devrait être sur la table pour l’Assemblée mondiale de la Santé dès mai 2024, selon le projet qui doit être avalisé par les 194 États membres.

C’est dans cette même optique que le président sud-africain Cyril Ramaphosa s’était exprimé le dimanche 28 novembre 2021 pour inviter les pays ayant imposé des restrictions de voyage aux Sud-Africains, après la détection d’un nouveau variant du coronavirus, Omicron, par des scientifiques de son pays, de les lever urgemment, les jugeant dépourvues de « justification scientifique ». Pour lui, il s’agit d’une forme de « discrimination » contre son pays et les pays voisins. Ainsi, a-t-il dit : « Nous appelons tous les pays qui ont imposé des interdictions de voyager à notre pays, et à nos pays frères d’Afrique australe, à revenir d’urgence sur leurs décisions et à lever les interdictions qu’ils ont imposées avant que d’autres dommages ne soient causés à nos économies ». « Il n’y a aucune justification scientifique au maintien de ces restrictions. Nous savons que ce virus, comme tous les virus, mute et forme de nouvelles variantes », a-t-il ajouté.

Avis à manifestation d’intérêt pour la constitution de la base de données des consultants de Congo Challenge SC

𝟏. 𝐎𝐛𝐣𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐀𝐌𝐈 𝐞𝐭 𝐦𝐨𝐝𝐞 𝐝𝐞 𝐝𝐞́𝐩𝐨̂𝐭 𝐝𝐞 𝐜𝐚𝐧𝐝𝐢𝐝𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞

Dans le cadre de ses principales interventions à la fois au niveau local et régional, Congo Challenge SC s’est résolu d’actualiser la base des données de ses consultants Experts (Prestataires de services intellectuels). C’est dans ce cadre que cet avis à manifestation d’intérêt est rendu public afin de donner l’opportunité à toute personne qui répond aux critères définis de se faire enregistrer auprès du Think tank afin de participer aux missions de Congo Challenge SC qui touchent son domaine d’expertise. Ainsi, Congo Challenge SC invite toute personne intéressée à envoyer, au plus tard le vendredi 31 janvier 2022, son dossier de candidature (exclusivement par voie électronique) à l’adresse 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐮𝐥𝐭𝐚𝐧𝐭@𝐜𝐨𝐧𝐠𝐨𝐜𝐡𝐚𝐥𝐥𝐞𝐧𝐠𝐞.𝐜𝐝.

L’email devra préciser l’objet et domaine de compétences du candidat et le dossier du candidat devra être constitué des éléments suivants : (i) CV à jour ; (ii) le résumé des missions réalisées par le passé (avec détails des responsabilités et tâches du candidat) ; (iii) la copie du dernier diplôme ; (iv) les contacts de personnes à contacter qui peuvent attester les éléments repris dans le résumé des missions.

𝟮. 𝐂𝐫𝐢𝐭𝐞̀𝐫𝐞𝐬 𝐝’𝐞́𝐥𝐢𝐠𝐢𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́

Les candidats intéressés doivent répondre aux critères minimaux ci-dessous :- Avoir au minimum un diplôme de licence ;- Disposer d’une expérience pertinente de 5 ans au minimum en tant que consultant ou prestataire dans le domaine.

𝟑. 𝐃𝐨𝐦𝐚𝐢𝐧𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐞́𝐭𝐞𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞́𝐬

– 𝐄𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞 : 𝐦𝐚𝐜𝐫𝐨𝐞́𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐞𝐭 𝐦𝐢𝐜𝐫𝐨𝐞́𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐬𝐭𝐞 ;

– 𝐅𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐭𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ ;

– 𝐀𝐮𝐝𝐢𝐭 ;

– 𝐒𝐭𝐚𝐭𝐢𝐬𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞, 𝐞́𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐞́𝐭𝐫𝐢𝐞,

– 𝐄𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 ;

– 𝐒𝐨𝐜𝐢𝐨𝐥𝐨𝐠𝐢𝐞 ;

– 𝐈𝐧𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐞𝐭 𝐒𝐲𝐬𝐭𝐞̀𝐦𝐞 𝐝’𝐢𝐧𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐠𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧 (𝐒𝐈𝐆) ;

– 𝐈𝐧𝐠𝐞́𝐧𝐢𝐞𝐮𝐫𝐬 ;

– 𝐃𝐫𝐨𝐢𝐭 ;

– 𝐏𝐚𝐬𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐦𝐚𝐫𝐜𝐡𝐞́𝐬 ;

– 𝐆𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭𝐬 ;

– 𝐏𝐥𝐚𝐧𝐢𝐟𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 ;

– 𝐆𝐞𝐧𝐫𝐞 ;

– 𝐆𝐞́𝐨𝐠𝐫𝐚𝐩𝐡𝐢𝐞 ;

– 𝐃𝐞́𝐦𝐨𝐠𝐫𝐚𝐩𝐡𝐢𝐞 ;

– 𝐒𝐜𝐢𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐞́𝐝𝐮𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 ;

– 𝐒𝐚𝐧𝐭𝐞́ 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐞𝐭 𝐬𝐚𝐧𝐭𝐞́ 𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐩𝐫𝐨𝐝𝐮𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 ;

Fait à Kinshasa, le 08 décembre 2021

LOKOTA ILONDO Michel – Ange

Directeur – Gérant

Congo Challenge : Impact de la COVID-19 sur le marché du travail en République Démocratique du Congo

  1. Introduction

Comme tous les autres pays du monde, la République Démocratique du Congo (RDC) a été frappée par la crise sanitaire de COVID-19, en enregistrant son premier cas positif en date du 10 mars 2020. Cette crise a eu des effets négatifs sur l’économie congolaise en général et sur le marché du travail en particulier. En guise de riposte, le Gouvernement de la République a pris un certain nombre de mesures pour atténuer ces impacts négatifs de la pandémie, notamment le confinement de la commune de la Gombe, la mise en quarantaine de la ville de Kinshasa, l’imposition de service minimum et la défiscalisation de certains services.

Ces mesures d’urgence ont conduit à la contraction de la demande de force de travail par les entreprises (i.e. la main-d’œuvre) dont, en temps normal, le taux d’accroissement est évalué à 1,1%, contre 3,3% pour l’offre de la main-d’œuvre par les ménages. Par ricochet, cette baisse de la demande a entrainé celle des heures de travail et de prix du travail (revenu du travail), impactant négativement la production de biens et services, la croissance économique (-1,7% en 2020) et le volume de l’emploi. L’incidence a été plus perceptible sur les entreprises, et donc sur les emplois et le revenu.

Pour suivre et évaluer la mise en œuvre de toutes ces mesures au sein du marché du travail, le Gouvernement – par le truchement du Ministère de l’Emploi, du Travail et de la Prévoyance Sociale (METPS) – a mis en place deux structures :

  • la cellule de crise pour évaluer les effets négatifs de la Covid-19 et proposer les mesures d’atténuation de ces effets ;
  • et (ii) la commission tripartite (Gouvernement, Employeurs et Travailleurs) pour identifier les problèmes les plus importants soulevés par la crise sanitaire et proposer des pistes de solutions adaptées. Eu égard à cela, le Ministère du Plan a élaboré le Programme Multisectoriel d’Urgence d’Atténuation des Impacts de la Covid-19 (PMUAIC-19), lequel est un cadre stratégique mis en place pour la riposte, la relance macro-économique, ainsi que le soutien aux populations et le maintien des emplois.

C’est dans cette perspective que cette réflexion est menée, le souci étant de permettre de suivre et évaluer l’incidence de la pandémie sur les emplois au sein du marché du travail en RDC, aussi bien au niveau macroéconomique qu’au niveau microéconomique.

  1. Impact macroéconomique de la COVID-19 sur le marché du travail

L’analyse macroéconomique présentée dans cette section a été réalisée sur base des simulations d’un modèle d’équilibre général calculable. Les résultats révèlent que le choc sanitaire et économique a renforcé le déséquilibre entre l’offre et la demande du facteur « travail ». Ce déséquilibre est caractérisé par la baisse du niveau d’absorption de la main-d’œuvre, face à une progression quasi-constante du nombre d’actifs sur le marché du travail[1]. À la lumière de la Figure 1, il ressort que le taux d’emploi s’est considérablement rétréci, jusqu’à se situer autour de 50% après le choc pandémique, pendant que le taux d’activité s’est structurellement maintenu au-dessus de la barre de 60%. Le gap de 12,79% qui en résulte représente ce que nous pouvons appeler « l’effet covid », lequel s’évalue à 6,56%, après avoir réduit l’écart préexistant de 6,23%. Ceci traduit l’accentuation de l’excédent de l’offre par rapport à la demande sur le marché du travail à cause du choc sanitaire.

Figure 1 : Évolution de quelques indicateurs clés du marché de travail en RDC

Parmi les facteurs explicatifs de cet « effet Covid », il y a lieu de mentionner la fermeture de plus de 40% des entreprises privées, à la suite des mesures de riposte levées par les pouvoirs publics. Ces entreprises évoluaient pour la plupart dans les secteurs ci-après : (i) Industrie manufacturière ; (ii) Bâtiments et Travaux publics ; et (iii) Commerce et Services marchands. On comprend donc que la fermeture de ces entreprises a causé la baisse de la demande locale de la main-d’œuvre, réduisant ainsi le volume de l’emploi total, et aggravant le déséquilibre qui existait déjà sur le marché du travail[1].

Les perspectives économiques du pays pour l’année 2022 sont assez favorables et, toutes choses restant égales par ailleurs, l’emploi total devrait s’établir à près de 30 millions d’unités, soit une croissance approximative de 2,6% par rapport à la population active. Ces prévisions ne peuvent se concrétiser que si le cadre macroéconomique du pays reste stable, sinon le volume de l’emploi se contractera à nouveau en dessous du niveau actuel. Au-delà de la situation macroéconomique, la recrudescence de la pandémie, les troubles sécuritaires et sociopolitiques, la chute des prix des matières premières ou la diminution de la demande mondiale de minéraux sont aussi d’autres facteurs de risque qui menacent la création des emplois en RDC.

  1. Impact microéconomique de la COVID-19 sur le marché du travail

L’analyse microéconomique présentée dans cette section a été réalisée sur base des données de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) inscrites dans la note de conjoncture économique du Gouvernement. Ces statistiques révèlent que le nombre d’emplois déclarés à la CNSS a fortement baissé à 404 374 postes en septembre 2021, contre 675 519 postes en janvier 2019. Cette contraction des emplois représente 41,82% de postes suspendus à fin septembre 2021. Le bloque (a) de la Figure 2 établit que le marché du travail, à ce jour, est encore loin de retrouver le niveau d’avant la pandémie, le nombre de postes s’étant quasiment réduit de moitié.

Pour ce qui est des employeurs, en référence à la même période d’étude, le nombre d’entreprises déclarées à la CNSS a également diminué de 63 442 en janvier 2019 à 54 687 en septembre 2021. Cette baisse de déclarations d’employeurs représente 10,5% d’entreprises à fin septembre 2021. Le bloque (b) de la Figure 2 montre que la reprise est relativement effective chez les employeurs, contrairement à la situation sur le nombre de postes déclarés. Néanmoins, ces employeurs peinent à déclarer les travailleurs qu’ils emploient, suite à la baisse du niveau de trésorerie de leurs entreprises.

Figure 2 : Évolution mensuelle du nombre de postes et du nombre d’entreprises

L’impact de la crise sanitaire a été plus percutante dans le secteur de transport et logistique, suivis des organismes nationaux et internationaux, l’hôtellerie et tourisme, et les banques et les assurances, avec des taux de perte d’emplois respectifs de 56%, 31% 14% et 12%. Les secteurs les moins affectés par la crise, en termes de pertes d’emplois, sont la télécommunication, les médias et les TIC, les mines, le commerce et l’agropastoral, avec moins de 1% chacun entre les mois de janvier et juin 2020.

  1. Conclusion et Perspectives

À l’issue de cette étude, il a été démontré l’incidence négative du choc sanitaire sur le marché du travail en RDC. Du point de vue macroéconomique, le Gouvernement ne peut limiter cet impact néfaste que si, d’une part, la stabilité du cadre macroéconomique est garantie, et d’autre part, les différents facteurs menaçant la création des emplois – tels que les troubles sécuritaires et socio-politiques – sont maîtrisés. Du point de vue microéconomique, les autorités politiques devront accorder des faveurs fiscales aux entreprises évoluant dans les secteurs les plus touchés par le choc, afin de leur permettre d’assainir leur trésorerie pour les encourager à accroître la main-d’œuvre employée dans le processus de production.