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Guerre en Ukraine : Entre attaques russes et sanctions occidentales

Le conflit Russie-Ukraine a vu le jour à la suite de la révolution de Maïdan du 22 février 2014. Cette révolution fut marquée par de fortes violences et mouvements de protestation contre la décision du gouvernement ukrainien de signer un accord d’association avec la Russie, au détriment de l’Union Européenne (UE). C’est à cause de ces manifestations que les dirigeants russophones en Ukraine furent renversés, dans le souci de privilégier une alliance avec les pays occidentaux (notamment l’UE et les États-Unis).

En réaction à cette bataille perdue, la Russie annexa la Crimée en date du 18 mars 2014, une péninsule ukrainienne sur la mer Noire. Depuis lors, l’Ukraine est divisée en deux blocs : (i) les régions de l’Ouest (Kiev particulièrement) contrôlées par le parti pro-européen ; et (ii) les régions de l’Est (Donbass particulièrement) contrôlées par le parti pro-russe. Il a fallu attendre près de huit ans, soit le 10 janvier 2022, pour que des négociations soient entamées entre l’Orient (Russie) et l’Occident (UE et États-Unis) en vue de préserver la paix en Ukraine. Malheureusement, ces négociations n’ont pas abouti, et le Président Vladimir Poutine a lancé le 23 février 2022 un déploiement offensif en Ukraine dans un discours au cours duquel il a reconnu l’indépendance des Républiques du Donbass (Donetsk et Lougansk).

  1. Causes des attaques russes

À la suite du discours à forte teneur offensive du Kremlin, des combats meurtriers ont éclaté entre l’armée russe et l’armée ukrainienne en date du 24 février 2022 de la frontière Est jusqu’aux portes de Kiev, la capitale du pays. Suite à ces affrontements, la centrale nucléaire de Tchernobyl a été prise, après le déclenchement par l’armée russe d’une attaque aérienne, maritime et terrestre massive contre l’Ukraine. Ces attaques destructrices et dévastatrices ont causé plus d’une dizaine de morts, et ce nombre pourrait augmenter si les luttes se poursuivent.

Ce que la Russie reproche aux occidentaux, ce sont les tentatives d’extension de l’Organisation du Traité d’Atlantique Nord (OTAN) vers l’Est. L’intérêt géostratégique de contrôle de l’Ukraine par la Russie réside dans l’importance économique des deux Républiques du Donbass. En effet, elles abritent de nombreuses mines de charbon, et c’est à travers ses territoires que transitent les pipelines russes qui approvisionnent l’Europe en pétrole et en gaz. Il n’est donc pas aberrant de penser que la résistance européenne est susceptible de menacer l’approvisionnement énergétique du continent. Toutefois, cette question énergétique porte une double dépendance, car le PIB russe repose à 30% sur le pétrole et l’Europe importe 40% du gaz à partir de la Russie.

  1. Nature de l’intervention occidentale

Étant donné cette possibilité réelle d’éclatement d’une guerre au coeur du continent européen, l’armée ukrainienne, est-elle suffisamment dotée pour faire face aux forces russes ? Les statistiques militaires semblent indiquer le contraire, au regard de ce que révèle le Tableau 1.

Le Tableau 1 renseigne que (i) l’effectif des troupes russes vaut plus que le double de celui de l’Ukraine, (ii) le dispositif aérien ukrainien correspond au dixième de celui de la Russie, et (iii) le dispositif terrestre de la Russie équivaut à plus du triple de celui de l’Ukraine. Ces évidences de la supériorité militaire de l’armée russe attestent la nécessité pour l’Ukraine de bénéficier de l’appui des puissances étrangères, notamment l’armée américaine, sans lequel il serait utopique de tenir tête à la Russie.

Cependant, le Président américain Joe Biden a clairement indiqué que les États-Unis n’envisageaient pas d’envoyer des troupes de combat en Ukraine. En revanche, ils ont proposé à l’Ukraine des conseillers, des armes et des hôpitaux de campagne. En sus, l’alliance occidentale met en garde Poutine sous menace d’une série de sanctions économiques draconiennes en défaveur de la Russie. Parmi ces sanctions imposées à l’économie russe, il y a lieu de citer :

  • La déconnection du réseau des institutions financières occidentales de toutes les transactions du gouvernement russe. Par cette mesure, les États-Unis visent les élites russes de haut rang.
  • L’adoption par l’UE de vastes sanctions à l’encontre de tous les députés ayant soutenu au Parlement européen la décision « illégale » de la Russie de reconnaître l’indépendance des régions de l’Est au Donbass en Ukraine.
  • La fermeture de l’espace aérien des 27 pays membres de l’UE aux compagnies aériennes russes et à tout trafic d’appareils enregistrés ou contrôlés par la Russie.
  • La suspension de l’approbation du projet russe de gazoduc Nord Stream II par l’Allemagne. Ce projet représente un investissement majeur pour la Russie, mais aussi les entreprises européennes.
  • Le ciblage de cinq grandes banques russes et trois milliardaires par le Royaume-Uni.
  • La suspension de la délivrance des visas par la République Tchèque aux citoyens russes ainsi que la fermeture du consulat tchèque à Saint-Pétersbourg.

Somme toute, l’alliance occidentale appelle l’ensemble de la communauté internationale à isoler le système bancaire russe du système de paiement international SWIFT. L’objectif de cette sanction d’ordre économico-financière est de dissuader la Russie à poursuivre ces luttes armées sanglantes, et donc à désamorcer cette potentielle crise tant que cela est encore possible.

Conclusion

Comme susmentionné, l’Europe et les États-Unis ont décidé de nouvelles sanctions économiques contre la Russie afin de la dissuader à poursuivre la guerre en Ukraine. Cependant, l’histoire montre que cette arme économico-diplomatique est rarement efficace. Déjà à la suite de l’annexion de la Crimée, la Russie avait écopé d’un arsenal de sanctions de la part de l’Occident. D’après le FMI, la Russie n’avait subséquemment perdu que 0,2% de son PIB. De plus, selon l’institut suisse « Targeted Sanctions Consortium », seuls 22% des pays ayant subi des sanctions économiques ces dernières années ont infléchi leur politique. Il n’est donc pas aberrant de conjecturer l’efficacité limitée des mesures levées par l’alliance occidentale en vue d’asphyxier l’économie russe.

Pour mettre fin à cette guerre imminente, la voie diplomatique demeure une issue envisageable. Mais cette coopération entre diplomates n’est possible qu’au prix d’énormes sacrifices aussi bien du côté de la Russie que du côté de l’alliance occidentale en termes de transparence. La coopération pourrait consister à l’établissement d’un modus vivendi entre les grandes puissances de la planète afin de préserver un climat de paix dans le monde, grâce notamment au contrôle des armements, à la limitation des missiles et particulièrement au non-recours à l’arme nucléaire.

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