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L’électrification : point de départ de l’industrialisation et du développement de la RDC. / Congo Challenge

Il est vrai que le rôle de l’énergie électrique dans le développement économique des nations n’est plus à démontrer. La révolution industrielle de 1780 a permis à la population du monde de découvrir les nouvelles sources d’énergie, parmi lesquelles l’énergie électrique a été considérée comme la plus grande innovation de cette ère. C’est ainsi que cette forme d’énergie a contribué énormément au changement des habitudes de l’homme dans l’ensemble de ses activités. Elle a permis à certaines nations de se démarquer des autres à travers l’industrialisation qui n’est possible que lorsque l’accessibilité à l’énergie est totale dans tous leurs territoires.

La littérature économique nous enseigne que l’accès à l’énergie électrique a une incidence positive sur l’industrialisation et par conséquent, il exerce un effet d’entrainement sur la croissance économique et le développement. En effet, la disponibilité en quantité et en qualité de l’énergie électrique offre de nouvelles perspectives en termes d’emplois et favorise d’une manière efficace des investissements en matériels de production en facilitant des innovations technologiques et les progrès dans le domaine de la santé, l’éducation et de la communication. Rosenberg (1998) soutient que l’électrification dans l’industrie permet d’intensifier la production en l’automatisant, ce qui a pour effet d’améliorer la productivité des firmes. Ainsi, la croissance économique qui ne peut être adorée en elle, doit avoir une incidence positive sur l’amélioration des conditions de vie de la population. Cette incidence se traduit en termes d’acquisition des appareils et matériels électroménagers par la population. Aussi, il faut signaler que l’augmentation simultanée de la population et du nombre d’équipements électriques provoque une forte demande de l’énergie électrique.

De toute évidence, il faut souligner que les pays dits riches sont tous des pays industrialisés, et se référer à l’industrialisation renvoie à un élément capital, l’énergie et précisément à « l’énergie électrique ». Comme on peut le constater, les pays industrialisés produisent deux fois plus de valeur ajoutée industrielle que les PED1, et la valeur ajoutée manufacturière par tête y est quatre fois supérieure. Depuis longtemps, la plupart des PED ont axé leur développement sur l’industrialisation. A l’instar de la Russie lors de l’Union soviétique, l’électricité a été à la base du plan de restructuration de l’économie2. Le but poursuivi était d’organiser le secteur industriel de l’Union soviétique en lui dotant d’une technologie de pointe à travers l’électrification de toutes les campagnes, et qui aurait un impact direct sur l’éducation, le chômage et la santé de la population. Aussi, dans la reconstruction de l’Europe à travers le plan Marshall, la priorité était donnée aux infrastructures industrielles à travers la promotion de produits industriels dont le rendement en termes de production était élevé et dont l’impact réel est perçu sur l’économie. Une fois de plus, l’énergie a été au cœur de la reconstruction du monde et a contribué à la relance économique à travers l’industrialisation.

L’énergie électrique constitue cette denrée rare que la population africaine en général et congolaise en particulier ne peut s’en procurer quotidiennement, et cette réalité constitue un frein pour les activités économiques. Cette pénurie continue de perdurer dans certains Etats d’Afrique où les efforts ne sont pas suffisants jusque-là pour électrifier tous leurs territoires. Certains Etats ont atteint à ce jour le stade d’éradiquer les ténèbres dans toutes leurs régions où aucun ménage ne manque de lumière.

Il s’agit là des pays du Maghreb, l’Afrique du Sud, du Ghana et du Kenya. Parmi les pays qui ont un faible accès à l’électricité, il y a la RDC, la République Centre africaine, le Tchad et le Soudan du Sud.

Paradoxalement, la RDC regorge des potentialités et des ressources énergétiques abondantes et variées : biomasse, force hydraulique, hydrocarbures liquides et gazeux, (dont le gaz méthane du Lac Kivu), charbon minéral, schistes bitumineux, potentiels solaire et éolien, marémotrice, eaux thermales, bioénergies, minerai d’uranium, etc. Mais ces dotations naturelles ne sont pas toutes suffisamment inventoriées, ni quantifiées. Avec un potentiel de 100 gW d’hydroélectricité reparti sur 217 sites, le site d’Inga seul possède 44 gW soit 44% dont actuellement 450 MW sont exploités et sur 2 710 MW installés et sur 62 sites opérationnels, 69% de production énergétique se concentrent sur le seul site d’Inga.

Ces potentiels électriques renseignent sur l’atout du pays pour une industrialisation réussie, et cela traduit que l’énergie électrique est un facteur important pour le développement socioéconomique de notre pays. L’énergie électrique en elle-même constitue une industrie industrialisante3 pour le pays et en voyant le taux d’accès à l’électricité de la RDC , il est bien clair que des efforts conséquents doivent être déployés pour atteindre le niveau d’accès à l’électricité de pays développés.

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