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Congo Challenge : Contexte national

II.1. Evolution de l’économie nationale


Le pays a commencé à subir les effets de la probable deuxième vague de la pandémie de Covid-19 qui impose le renforcement des mesures barrières dans les pays développés. Le comité de conjoncture économique du gouvernement note la baisse des exportations des matières premières au cours du mois de novembre 2020, avec une incidence significative sur les redevances de l’Etat en matière d’exportation des minerais. Cette baisse des recettes d’exportation va sûrement compliquer les efforts de reconstitution des réserves de change qui ne couvrent plus que 2,5 semaines d’importations, un niveau lamentablement bas en cette période de préparation des fêtes de fin d’année.

L’actualité économique du mois a été dominée par la publication des conclusions des différentes missions d’audit par l’Inspection Générale des Finances (IGF). Ces conclusions concernent notamment les allégations de mégestion et détournement des fonds publics alloués au parc agroindustriel de Bukanga Lonzo et, récemment, à la paie du personnel de l’enseignement primaire, secondaire et technique. En outre, l’IGF a relancé le débat sur les pratiques de fraude et de corruption qui inhibent les efforts de promotion de l’entreprenariat dans le pays.

Concernant Bukanga Lonzo, l’IGF indique que son audit n’a pu retracer que USD 80 millions sur un total de USD 285 millions décaissés et que le reste aurait été dilapidé via des pratiques frauduleuses comme la surfacturation et l’octroi des machés de gré-à-gré aux partenaires non expérimentés. L’IGF attribue la responsabilité de l’échec de ce projet à six personnes dont deux couvertes par des immunités parlementaires. De même, cette institution a dénoncé des cas de fraudes au sein du Ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique (EPST) dans la mise en exécution du programme de gratuité de l’enseignement. Elle a fait notamment mention des « faux arrêtés antidatés » de recrutement et création d’écoles, du gonflement des effectifs non enseignants et d’une prise en charge effective de ces « nouvelles unités » récemment recrutées au détriment des anciennes unités non-mécanisées. Elle fait état d’un détournement de près de CDF 62 milliards (environ USD 31,5 millions) des fonds mis à la disposition du Ministère dans le cadre du programme de gratuité de l’enseignement.

Ces conclusions ne font pas l’unanimité auprès du public3. Des voix s’élèvent pour déplorer le faible degré de professionnalisme4 qui entache le travail de l’IGF qui, d’après ses critiques, peine encore à prouver son indépendance vis-à-vis de l’influence politique notamment de la Présidence de la République, d’où elle dépend en violation de la constitution. Au vu de la gravité de ces allégations, d’aucuns pensent qu’il serait de l’intérêt de tout le monde que la justice se saisisse de ces dossiers pour que les responsabilités soient établies et que les coupables subissent la rigueur de la loi. C’est seulement de cette façon qu’on pourra rétablir l’éthique dans la gestion de la chose publique.

Quant à la fraude et la corruption devenues endémiques dans notre pays, l’IGF estime que le phénomène affecte notamment les marchés publics où plus de 98% des cas font l’objet de corruption. Elle fustige le manque de transparence dans la procédure d’octroi des marchés et particulièrement la dominance des mécanismes de gré-à-gré, principale source de corruption d’après elle, en dépit des lois sur les marchés publics. Elle renchérit que ces pratiques disqualifient souvent les jeunes entrepreneurs, ce qui constitue un défi majeur pour la promotion de l’entreprenariat des jeunes pourtant considéré comme source d’innovation et de croissance durable.

En substance, la redynamisation de l’IGF est accueillie positivement dans l’opinion qui semblait exaspérée par la gestion peu orthodoxe des ressources publiques qui a caractérisé le pays depuis des décennies. Si l’opinion demeure préoccupée et partagée sur le degré d’objectivité et de professionnalisme des actions de cette institution, il semble se dégager un consensus sur la nécessité de renforcer sa capacité et élargir l’étendue de ses actions de manière à rendre tous les mandataires publics redevables vis-à-vis du peuple qui est en réalité le mandant et bénéficiaire ultime de l’action publique.

Le dépôt à l’Assemblée Nationale du projet de loi portant reddition des comptes de l’exécution 2019 fait partie des nouvelles qui ont marqué le mois de novembre 2020.
Considéré comme préalable pour l’examen du projet de loi de finances de l’année suivante en vertu de l’article 87 de la loi relative aux finances publiques, ce projet de loi décline les recettes mobilisées et les dépenses engagées au regard des prévisions arrêtées pour le budget 2019.
Il indique que le gouvernement n’avait pu mobiliser que CDF 7 008 milliards (USD 4,184 milliards) sur les prévisions des recettes de CDF 9 600 milliards (USD 5,7 milliards), et avait engagé des dépenses pour CDF 7 570 milliards (USD 4,520 milliards) au cours de l’exercice 2019.

Enfin, la dérogation du Ministre du commerce pour l’importation de 100 000 tonnes du ciment gris par an à partir de Brazzaville a été condamnée par la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) qui considère ces importations comme une concurrence déloyale pour la cimenterie locale. La controverse a fait l’objet d’une question orale par les membres de la commission Environnement, Tourisme, Ressources naturelles et Développement durable de l’Assemblée Nationale qui ont auditionné le Ministre du Commerce sur la question en date du 27 novembre 2020. Dans sa réplique, Madame le Ministre a inscrit cette démarche dans le cadre de l’ouverture du pays à la Zone de Libre-Echange Continental Africain (ZLECAf) visant la mise en place d’un marché commun africain. Il a, en outre, précisé que la dérogation avait pour but de suppléer à l’offre domestique insuffisante pour satisfaire la demande excédentaire dans la Grande Province Orientale, le Grand Equateur et le Grand Kasaï qui, d’après les estimations du Ministère de l’Economie Nationale, affichent un besoin d’approvisionnement de respectivement 108 000 tonnes, 103 000 tonnes et 165 000 tonnes. Le Ministre estime donc que la dérogation respecte les normes de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et ne pourrait aucunement affecter négativement l’industrie nationale du ciment.

Toutefois, si les explications du Ministre semblent, de prime abord, cohérentes au regard de la nécessité d’assurer un approvisionnement régulier en ciment pour toutes les provinces, il n’en demeure pas moins qu’elles ne sont pas corroborées par les statistiques de la Banque Centrale du Congo (BCC). En effet, les récentes statistiques de la BCC indiquent que la production nationale annuelle du ciment a toujours été à la hauteur de la demande nationale. Elles indiquent par exemple que, jusqu’en octobre 2020, la production nationale du ciment s’évaluait à 892 000 tonnes face à une demande de 869 000 tonnes. En outre, ces statistiques renseignent que le secteur a accumulé au fil du temps un stock qui s’évaluait à 309 000 tonnes en octobre 2020. Avec de tels chiffres, il devient difficile de justifier cette dérogation d’importation du ciment à hauteur de 100 000 tonnes par an, volume qui serait à la limite couvert par le stock disponible auprès des entreprises locales. La FEC aurait donc raison de considérer cette démarche comme une concurrence occasionnée par le gouvernement contre son industrie du ciment qui pourtant attend de lui un appui pour contribuer à la relance économique du pays.

II.1.1. Activité économique
Le pays a commencé à subir les effets de la probable deuxième vague de la pandémie de la Covid-19 qui impose le renforcement des mesures barrières dans les pays développés. Le comité de conjoncture économique du gouvernement note la baisse des exportations des matières premières au cours du mois de novembre 2020.
La baisse des recettes d’exportations aura surement une incidence significative, non seulement sur les redevances de l’Etat en matière d’exportation des minerais, mais aussi sur la stabilité du cadre macroéconomique du pays à l’horizon très proche.

II.1.2. Dynamique des prix

Le rythme de formation des prix des biens et services a continué sa décélération au cours du mois de novembre comme le montre le Tableau 1. Le taux d’inflation en glissement annuel s’est situé à 15,55% à la 4ème semaine du mois, un niveau légèrement inférieur au 15,60% enregistré à la dernière semaine du mois précédent. Le taux d’inflation annualisé montre que, toutes choses restant égales par ailleurs, l’inflation atteindrait 16,97% à la fin de l’année, ce qui constitue une fois de plus une amélioration par rapport aux prévisions du mois passé qui la situait à 17,67%.

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