Évolution du taux de change au second quadrimestre 2020

Le taux de change mesure le prix de la monnaie d’un pays par rapport à une devise étrangère. En République démocratique du Congo (RDC), le régime de change est flexible impur. Le taux de change est coté à l’incertain de sorte que la parité bilatérale, notamment entre le franc congolais (CDF) et le dollar américain (USD), est fixée en termes de quantités de CDF qu’il faudra débourser pour acquérir une unité de USD.

Les figures 40 et 41 présentent, respectivement, l’évolution comparative du taux de change indicatif et du taux de change parallèle au premier semestre 2019 (courbe en bleu) et au premier semestre 2020 (courbe en gris). Plus précisément, il s’agit de l’évolution du taux de change comparativement à son niveau initial en début de l’année (le 02 janvier). Les données sont en fréquence journalière.

L’inspection visuelle indique clairement que le taux de change a connu une forte dépréciation au premier semestre 2020, environ 18% de dépréciation, comparativement à sa dynamique en 2019 pour la même période (0,8%). Le constat est quasiment identique, à la fois, pour le taux de change indicatif et pour le taux de change parallèle. Pour la suite de l’analyse, le focus sera porté sur la période mai-août 2020 (soit le deuxième quadrimestre 2020).

Le tableau 4 présente la moyenne du taux de change au deuxième quadrimestre 2020 (mai-août 2020), comparativement à son niveau durant la même période en 2019.

Comparativement à son niveau de 2019, le taux de change au deuxième quadrimestre 2020 représente un taux de dépréciation de 16,8% sur le marché parallèle; c’est-à-dire qu’il faudra désormais de 280,81 CDF de plus pour acquérir une unité de USD.

Il convient de noter que la République démocratique du Congo est une économie dollarisée de facto. Ainsi, le USD circule parallèlement au franc congolais, de sorte que les deux monnaies sont presque parfaitement substituables. Dans ce contexte, le taux de change sur le marché parallèle dénote également le taux de substitution. Autrement dit, l’évolution du taux de change devra être analysée à l’aune non seulement des fondamentaux liés aux équilibres macroéconomiques extérieurs (balance commerciale, compte courant, balance des paiements), mais aussi de la dynamique interne qui sous-tend les comouvements dans les transactions entre le CDF et le USD.

En outre, les preuves empiriques récentes suggèrent que le taux de change est l’une des variables macroéconomiques les plus volatiles. Dans les pays où le commerce est libellé en devises, le taux d’inflation est davantage affecté par les fluctuations des taux de change (cf. Tableau 2). C’est le cas notamment de la RDC, où le secteur minier de la RDC représente environ 99,3% de ses exportations totales en valeur et où le commerce est fondamentalement libellé en devises.

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