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Congo Challenge : Rentrée scolaire 2010 – 2021 : une épreuve pour la politique de gratuite

Après plus de sept mois à la maison, les élèves congolais ont été appelés à reprendre le chemin de l’école le lundi 12 octobre 2020. Malheureusement, la rentrée des classes a été très timide. Une fois de plus, on assiste à une rentrée scolaire tumultueuse du fait que les revendications des enseignants n’ont pas été tenues en compte par l’Etat. Les rentrées scolaires se suivent et se ressemblent depuis belle lurette et à cela vient s’ajouter les revendications des enseignants des écoles dites conventionnées sur le manque à gagner de leur salaire.
Il y a lieu de noter qu’en septembre 2019, la gratuité de l’enseignement de base a été décrétée par le gouvernement congolais et près de 2,5 millions d’enfants ont repris le chemin de l’école1. Les enseignants des écoles publiques ont vu leur salaire passer de 80 à 150 USD. Par conséquent, les parents d’élèves ont cessé leur contribution à l’éducation dont ils prenaient en charge le salaire des enseignants ainsi qu’une partie des frais de fonctionnement des écoles. Dès cette rentrée scolaire 2019, les tensions entre les syndicats des enseignants et le gouvernement ont été observées avant de signer un protocole d’accord.
Le coût financier de cette réforme est estimé à plus d’1 milliard de dollars américains pour cette année scolaire 2020-2021. Pour son appui à l’éducation, la Banque Mondiale compte débourser 800 millions sur quatre ans dans le cadre de son projet EESSE.

Evolution des dépenses publiques en éducation (en millions de CDF)

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Avant tout, il faut rappeler que le budget primaire de 2020 avait prévu les ressources à la hauteur de 1,7 milliard d’USD pour la réussite de cette réforme de l’éducation et avec l’impact de la pandémie à la COVID-19 sur l’économie congolaise, le gouvernement à travers le collectif budgétaire a réduit considérablement la part du budget allouée à l’éducation. Ce budget revu avoisine 1 milliard d’USD. Cependant, l’inquiétude demeure encore sur la part allouée à l’éducation dans le budget de l’Etat de 2021 de 6,8 milliards d’USD, un budget peu ambitieux certes mais qui se doit de couvrir diverses priorités de l’Etat dans le contexte d’incertitude post-Covid-19.

Aujourd’hui encore, il s’observe que la quasi-totalité des élèves des écoles publiques ainsi que celles dites conventionnées catholiques et protestantes n’étudient pas, suite au mot d’ordre lancé par le SYECO (Syndicat des Ecoles du Congo) et le SYNECATH (Syndicat des Ecoles Conventionnées Catholiques) qui réclament à cor et à cri de négocier avec le Gouvernement en matière salariale.

Certains observateurs croient que les écoles catholiques et protestantes ont plutôt des revendications d’ordre politique qu’elles cachent derrière la situation des enseignants : il s’agit principalement du colossal  manque à gagner enregistré à la suite de la mesure de gratuité (constitutionnelle soit-elle) prise par le Chef de l’Etat. Elles feraient donc semblant d’applaudir la mesure, alors qu’en réalité, elles la combattent à leur manière. Les deux églises, catholique et l’église protestante, regorgent un plus grand nombre d’écoles que les autres réseaux d’enseignement, ce qui fait que le dysfonctionnement soit perceptible.  

A cet effet, les négociations entre le gouvernement et les syndicats des enseignants vont porter essentiellement sur l’évaluation du protocole d’accord signé le 18 décembre 2019. Les points d’accord qui seront évalués sont les suivants :

  1. Réhabiliter le mécanisme permanent de promotion, de titularisation et de transposition des grades des agents et cadres du ministère de l’EPST ;
  2. Instituer une commission chargée de la réhabilitation de la carrière des enseignants sur le listing et fichier de paie SECOPE ;
  3. Elaborer, avec l’implication des syndicalistes, l’avant-projet de la loi portant statut particulier des enseignants ;
  4. Promouvoir et titulariser les enseignants éligibles à la retraite ;
  5. Régulariser les grades obtenus par commissionnement ;
  6. Instruire le SECOPE et les services du Budget de reprendre les grades de nomination et les échelons des enseignants tels que  supprimés sur le listing et le fichier de paie ;
  7. Prendre un acte réglementant le statut des Conseillers d’orientation scolaire et professionnelle en RDC ;
  8. Affecter les ressources budgétaires conséquentes pour assurer la formation continue des enseignants ;
  9. Encadrer et sensibiliser, avec l’implication des syndicats, les gestionnaires et les enseignants sur le respect des textes légaux et réglementaires portant régime disciplinaire ;
  10. Procéder à l’identification biométrique de l’ensemble du personnel administratif et enseignant affecté au ministère de l’EPST en vue de la maitrise des effectifs et de la masse salariale ;
  11. Réhabiliter les syndicalistes irrégulièrement suspendus ou révoqués dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions.

Pendant ce temps, il se crée deux vitesses dans l’exécution de l’année scolaire 2020-2021. Les écoles privées avancent à grands pas. Pendant que les écoles publiques et conventionnées stagnent alors que plusieurs matières de l’année 2019-2020 sont à rattraper. C’est une question à laquelle le gouvernement doit très rapidement  apporter une solution.

Rédaction Congo Challenge

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